Pour Marjorie Raymond.

Ouin. Ce serait très mal placé de ma part de ne rien dire, et de ne pas me prononcer sur l’évènement. 

 Au cours de ma jeune vie, j’ai fait 3 écoles primaires, 3 écoles secondaires, j’ai passée du Bas-du-Fleuve à la Ville de Québec et finalement de Québec à la Rive-sud…pour finalement revenir à Québec.

 J’ai été la nouvelle 5 fois. Celle qui parle pas «pareil», c’est qui s’habille pas «pareil». J’étais extravertie, je riais tout le temps, je gambadais, je chantais, j’étais lunatique, j’étais rebelle, j’avais une famille différente, bref j’étais bizarre. Mais j’étais vulnérable, trop douce, trop gentille, incapable de me défendre.

 J’ai été écœurée, humiliée, pointé du doigt,  menacée, poussée dans les coins, traitée de folle, d’énervée, de pétasse, de pute, de conne, de bitch, de barbie.

 Quand tu as 12 ans et qu’une fille de 15 ans te dit devant toute ses amies qui t’entourent les bras croisés, parce que tu as changé d’école : «  Ça ne changera rien, partout où tu vas passer, tout le monde va toujours se rendre compte que t’es une ostie de bitch. ..»

…tu finis par le croire et tu crois que tu ne t’en sortiras jamais. Que t’es pas aimable. Que t’es pas et que tu ne seras jamais comme le autres.

 T’arrêtes de parler. T’arrête de regarder les gens dans les yeux. Tu longes les murs dans les centres d’achats parce que t’as peur qu’une gang qui t’aime pas te pogne pour te crisser une volée. Tu te pognes des gars que t’aime pas et que tu connais pas pour te sentir un peu aimé, un peu accepté, parce que tu sais pu quoi faire, pour te valoriser.

 Oui, t’as le goût de mourir parce que tu ne vois pas la fin. Tu fais ton entrée dans la vie adulte, sans parent pour te tenir la main, et tu penses que toute seule, le monde entier est contre toi et déteste tout ce que tu es. Tu donnes raison aux plus forts, à la majorité. Tu te dis qu’ils ne peuvent pas tous être dans le tord. Tu peux pas concevoir que tu vas passer le reste de ta vie à te battre, pour être aimer.

 T’as le goût de rentrer dans ton école avec un gun, juste pour terroriser ceux qui te terrorisent. Pour qu’ils se sentent comme tu te sens parce que tu ne sais pas comme faire autrement pour faire peur, pour semer la terreur, cette même terreur que tu subis.

 Tu finis par comprendre que les gens qui t’ont fait souffrir vivaient eux-mêmes leur propre souffrance. Tu finis par comprendre que c’est peut-être mieux d’être différente que de détester tout le monde qui ne te ressemble pas. Tu finis par comprendre que tout le monde est insécure et que chacun a des mécanismes de défense différents.

 Oui, je me rappelle de tous les noms de ceux qui m’ont intimidé. Oui, je me rappelle de chaque moment violent avec eux. Oui, je les ai tous checker un soir sur facebook pour voir où ils étaient rendus.  Et savez-vous quoi ? Je changerais pas de place avec aucun d’eux aujourd’hui.

 Bref, ça dû m’influencer, me forger une personnalité…C’est ça que j’aurais voulu dire à la petite Marjorie…si tu savais à quel point un jour, tout ça ne voudra plus rien dire.

 Mais ce qui m’effraie, c’est qu’après toutes ses années, toutes ses années à transcender ça, passer à autre chose, pardonner à ceux qui m’ont fait du mal, même après avoir fait la paix avec tout ça…J’ai aucune solution à donner à une enfant qui subit le même sort au secondaire…à part…

 «Attends le Cegep».

 On ne peut pas abandonner des jeunes pendant 5 ans et les laisser seuls avec leur souffrance en leur disant « Tient le coup »!

 Malheureusement, c’est tout ce que je peux faire pour le moment. Oui, faudrait bien que ça cesse.

 Kim Lizotte

 PS : …voyez-vous, je suis probablement pas encore guérie. En ce moment même, je me dis : Ah fuck. Je ne veux pas poster ça. On va savoir que j’étais pas cool au secondaire ! Que j’étais une victime ! Que je suis pas une femme forte à toute épreuve ! Et si ça revenait contre moi ? Et si on s’en servait contre moi ? Fuck…moi qui pensait que c’était derrière moi tout ça…

Post trop personnel, pas vraiment pertinent, mais thérapeutique ( et moins cher qu’un psy)

Je jasais avec une amie cet été pour me rendre compte que je n’étais pas seule dans la situation suivante…Elle s’est exclamée : «  parfois j’ai des spm tellement intenses que je suis sûre que je suis entrain de virer folle et que je dois consulter un psychologue. Et finalement ça passe, et je me rends compte que je vais bien ».

 J’ai prit la décision l’an passé, de vivre à fond mes débalancements hormonaux. Que si je filais triste, et bien que j’allais pleurer, que si j’avais envie de m’enfermer dans ma chambre 3 jours sans parler à personne, et bien j’allais le faire aussi. Et si je décidais de prendre une pile d’assiettes pour les casser une par une sur la tête de ma voisine, ben DEAL WITH IT. J’t’en spm câlisse !

 Je vous confirme que ça marche pas pantoute. Ma super solution « vivre à fond ma détresse psychologique », c’est pas mal la pire idée de marde que j’ai eu dans ma vie.

 Je dois au moins trouver pourquoi je m’engouffre dans une mélancolie de EMO suicidaire une fois par mois ! Si vous entendiez mes lamentations quotidiennes en m’époumonant à la guitare, des affaires pires que le Saule Pleureur d’Isabelle Boulay, vous me feriez enfermé à Louis-Hypolithe, ce serait pas trop long. Pas parce que je suis déprimée, mais pour ne plus entendre les horribles chansons que je compose.

 Faut dire que J’ai une vie stressante en bâtard. Je dois trouver une façon de gérer tout ça. Je vis tout d’une façon beaucoup trop exagérée.

 Imaginez qu’à votre travail toute les semaines, on dit de vous que vous êtes EXCEPTIONNEL ou MÉDIOCRE. Y’a pas d’entre d’eux en humour, on est soit génial, sois un loser de première. Non seulement c’est stressant, mais on ne sait jamais à quoi s’attendre.

 Et mon métier ne me quitte jamais. Il me définit, il est ma seule raison de fonctionner. C’est beau, hein ?! Euh non, c’est ridicule ! Se définir par son travail, c’est pas très sain…et ça me fait chier de donner autant d’importance et être dépendante du feeling que ça me procure.

 Souvent, j’essaie de décrocher, d’aller prendre un verre avec des amies, passer un week-end à NY, donner du temps à mon copain. Mais des fois, je ne suis pas là. Je suis là physiquement, mais ma tête est ailleurs. Elle écrit mon prochain post, mon prochain number, mon prochain projet. J’anticipe le futur constamment. Je ne sais plus trop après quoi je cours…

 Le problème, c’est que je n’ai pas de rêves de grandeur. Je ne rêve ni de célébrité,  ni d’argent, ni de notoriété. Je n’ai pas de fil d’arrivée. Donc logiquement, cette espèce d’angoisse qui m’habite est sans fin.

 Mon but ultime, je vais vous le dire c’est quoi, mon bel idéal « toute faite » dans ma tête : «  m’accomplir, me réaliser et m’épanouir en tant qu’humoriste ».

 Ça veut dire quoi ça, calvaire !!!!? Hein ?

C’est une belle réponse si je passe à Bazzo.tv, mais toute seule dans mon lit le soir, quand mon cœur palpite trop vite et que ma tête roule à 100 milles à l’heure comme si j’étais au Gong Show devant toute la planète pour prouver que je suis drôle, ça ne m’est d’AUCUNE aide.

 Bah oui, je voudrais bien gagner assez d’argent pour ne pas être obliger de me ramasser dans des pubs de Coke. Bien sûr, je voudrais bien faire un one-man-show à la hauteur de mes espérances…

 

BREF…

 Quand tu décides de vivre de ta passion, c’est exactement comme se lancer dans une relation amoureuse passionnée.

 Tu sais que ça va être intense, en montagnes russes, avec des hauts, des bas, des déchirures et des moments d’allégresse, de nirvana…Tu dois t’attendre à ça. Tu dois l’assumer.

 Quand j’ai décidé de faire de l’humour, j’étais dans une relation platonique. Sans feu, sans flamme, sans passion. L’humour est devenu mon plus grand amour. Mon moteur. Ma raison de me lever le matin.

 Mais maintenant que je vis aussi, un grand amour…est-ce que j’en demande trop à mon cœur ?!

 Il bat à 100 milles à l’heure sur scène, en dehors de la scène et à la maison… ;)

 Bref, je dois me trouver un oasis. Où je ne me définis ni à travers le regard de mes pairs, ni à travers le regard du public et ni à travers les yeux de ceux que j’aime le plus. Apprendre à m’autosatisfaire pour retrouver ma sagesse et ma paix intérieur… ;)

 Après ça, je sens que je ne passerai plus à travers 8 boîtes de kleenex et je vais aussi arrêter de taper «  ordre des psychologues  du Québec » à chaque fois que mes hormones refont surface 

 Faut arrêtez de carburer aux bonnes nouvelles. Arrêtez d’être démolie par les mauvaises. Je ne suis ni géniale, ni médiocre. Je suis juste Kim Lizotte. Et ça, personne peut me l’enlever. 

La haine.

J’ai toujours trouvé les artistes et les personnalités susceptibles. Quand on fait le choix de faire un métier public, on doit s’attendre à être critiqué, décortiqué, détesté, bavé. Deal with it. 

Surtout qu’il faut s’assumer. Allez, venez me le dire que je suis fofolle, que je parle trop vite, que j’ai des sujets trop personnels ou trop politiques, que je ne suis pas constante, que je pue l’insécurité, que je suis pas groundé, etc…Je vous répondrai que je suis comme je suis, que je parle de moi parce que c’est ce que je connais de mieux, que la politique me passionne depuis toujours, que je parle de ce qui me touche parce qu’écrire pour essayer de plaire me dégoûte, que je fais de la scène depuis à peine 2 ans, je suis une solitaire-geek dans sa bulle depuis toujours et que le simple fait que je parle sur scène relève du miracle, alors oui, je suis consciente que je le fais de manière maladroite, spontanée, avec ma voix haute perchée et mon corps qui ne sait pas se déplacer. Je vous répondrai que j’assume mon imperfection et je comprends qu’on puisse me regarder en ce demandant quelle genre de bibitte je suis. 

Les attaques personnelles publiques, je les prends, je les laisse mourir de leur belle mort mais souvent, lorsqu’on attaque à mon travail, je me défends, je me justifie, je creuse le pourquoi d’une haine injustifiée de la part d’un inconnu.

Parce que Dieu sait que j’en reçois de la haine. De la haine d’hommes, de femmes, en privé, en public, sur twitter, sur facebook, sur youtube, alouette. On prend un numéro qui m’a prit des mois à faire, on prend un moment qui représente des années d’aboutissements et on le méprise, on le ridiculise, on le détruit, on me dit que JAMAIS, je ne ferai quoique ce soit de ma vie. 

MA VIE. Au moins, j’en fais quelquechose de ma vie. Je ne reste pas derrière mon ordinateur à commenter, critiquer, bavasser sur tous mes faits et gestes, ceux de mes compères, ceux d’inconnus, ceux de personnalités, à jetter mon venim OU mon dévolu, dans cette marre d’opinions de gens obsédés à ce qu’on les écoute, les entende. Ils sont si occupés à faire résonner leur vide, leurs grosses vies vides accaparées par les écrans plasma, digitals, catodiques, alouette. Je ne serai jamais une âme rattachée à un clavier, une caméra, à regarder les autres vivrent. 

J’essaie, je recommence, je crée, un peu tout croche peut-être, mais avec mon âme et ma passion. Je remonte sur les planches un soir après m’être plantée, humiliée, je recommence un texte qui s’en va nulle part, je prends mon courage à deux mains et toute ma peur de petite fille de 7 ans qui aimerait mieux mourir que d’aller parler devant la classe, et j’y vais, je saute, je vis.

Je peux compter mes tournages télé sur les doigts de ma main. Je sais que je ne suis pas parfaite. Mais je continue, parce que je sais que si je renonce, si j’arrête, si j’abandonne, mon âme va se perdre pour aller se rattacher à une machine. Et je serai là, dans ma chambre, seule à regarder les autres vivrent. À critiquer leur vie en étant convaincue que si j’avais continuer, j’aurais fait mieux qu’eux. 

J’avais toujours pensé que la critique, la haine, le mépris ne m’attendrait pas. Parce que je sais qui je suis. Je sais ce que je vaux. Et bien j’avais tort. Et quand tu ne peux te défendre d’une action, parce que tu n’es ni responsable des mots qui sortent de ta bouche, ni de ton apparence, ni du rôle qui t’es attribué, tu te dois de rester muette. Pour ne pas à ton tour attaquer l’intégrité des autres. Et c’est ça la cruauté de la chose…c’est que tu te sens coupable d’avoir acceptée d’être quelqu’un d’autre car tu te retrouves sans armes face à ce qu’on pense de toi. Et on se sent con. Et on a le goût de pleurer. Et on a pu le goût, de continuer.

Je suis une enfoirée de première. Je reçois des tonnes de messages de gens qui m’aiment après chacune de mes prestations, j’ai des gens qui me suivent, qui m’aiment, qui me défendent, j’ai des LECTEURS FABULEUX, j’ai la chance de partager ma vie avec l’homme le plus drôle de la terre et c’est un privilège de le faire rire à chaque jour ( aux larmes!). J’ai des gens qui m’entourent, des humoristes que j’admire qui m’aident, me conseillent, me supportent. Je suis une enfoirée d’être en boule dans mon bain et de pleurer. Je travaille, je gagne bien ma vie, on me donne toutes les chances de la terre, je roule ma bosse comme plusieurs rêveraient de le faire. 

Je ne voulais pas en parler. Je fais toujours ça: je tourne la page et ne donne aucune attention au négatif. Je le prends, je le roule en boule, je le frappe avec un bâton et je fais un coup de circuit pour m’assurer qu’il parte ben ben loin.

Mais là, je pouvais pas passez à autre chose. Parce que j’ai peur. Parce que je ne sais pas si j’aurai la force de toujours tenir le coup. Parce que maintenant je sais, que ça fait trop mal. 

Des enfants.

Ma douce moitié fait des blagues sur à quel point on est infantilisé en général. «  On passe la journée à la Ronde, après on va voir Toys Story 3 en 3D,  pis on se tappe un trio mc-croquettes après ! », malgré nos 27 ans bien sonnées.

 Ok, ok. On a écouté Passe-Partout trop longtemps, on a joué aux Barbies jusqu’à ce qu’on se mette à triper un peu trop sur Ken, on connaît encore le Roi Lion par-cœur et on va acheter les coffrets d’Iniminimagimo à nos futurs enfants. Mais…

 Ce ne sont pas ces séquelles de « bébé lala » là qui me répugnent en général. Je me taperais Ratatouille et Kung-Fu Panda 50 fois, sans me tanner. Ce qui est pour moi honteux, ce sont les adultes, ces gens qui sont sensés avoir acquis de l’expérience, de la sagesse, qui devrais être conscient de leurs responsabilités, qui agissent comme des enfants.

 Le maire de Saint-Théodore-d’Acton qui va déposé une immense roche dans l’entrée de son ex-femme. Je m’excuse, mais si tu dépenses autant d’argent, d’énergie, de temps pour un geste haineux qui humilie publiquement la mère de tes enfants…mérites-tu vraiment d’en avoir la garde quand déjà, tu es incapable de mesurer l’impact que ton geste pourrait avoir sur eux ? Viens pas me dire que tu n’aurais pas pu prendre toute l’énergie que tu as mit sur ton plan diabolique sur des choses plus productives, comme essayez de t’entendre avec celle avec qui tu as partagé ta vie pendant des années.

 Le conseiller municipal du Saguenay qui s’en va se battre avec un animateur trash de Radio X. C’est comme ça qu’on ferme la gueule à ceux qui osent salir notre réputation et celle de notre famille ? Solution: ” Je t’attends dans cour après la cloche!” Je vais avoir l’air d’une matante humaniste, mais est-ce vraiment la façon dont les monsieurs de ce monde devraient régler leurs conflits personnels, en ce tapant sur la yeule ? On parle d’un conseiller de la ville ici ! Et d’un animateur de radio ! Deux hommes à qui on donne une tribune pour s’exprimer publiquement ! Pas deux gars soûls qui en viennent aux poings à 4h du matin pour une pitoune en mini-jupe! On est loin de Socrate et de Platon.

 Et bien sûr, l’exemple ultime et extrémiste est sans doute Guy Turcotte. Quand tu t’appropries une personne et que tu es incapable de concevoir qu’elle peut vivre sans toi et la faire payer pour avoir reprit sa liberté…Quelle lâcheté.

 Le français va sûrement très mal au Québec. Si on en rendu à faire des gestes d’enfants de cours d’école, c’est probablement parce qu’on est incapable de mettre des mots sur nos émotions.Qu’on a même pas assez de vocabulaire émotionnel pour comprendre ce qui se passe dans notre cerveau. Qu’on est mal outillé pour faire fasse aux souffrances de la vie. Comme à 5 ans.

 Quand des maires de villes, des conseillers, des médecins, se lancent dans des mascarades, des gestes honteux, des crimes d’une horreur incommensurable, c’est qu’on n’est sans outils, sans défense, impuissant avec les émotions qui nous envahissent et que personne jusqu’ici nous a appris c’était quoi exactement, agir comme un homme.

 Bravo à mon père, d’être un homme qui comprend le sens des responsabilités, qui a toujours profondément considéré ma mère comme son égal, et qui n’aurait jamais fait de bassesses publiquement, pour l’humilier elle ou pour être un mauvais exemple pour nous, ses enfants.

 Mon père, il jappe fort ! Mais il ne mord pas… 

C’est pas facile, avoir 20 ans!

Hé seigneur. J’ai une entrevue sur la vingtaine. Comment je la vis, ma perception de ma génération, etc…C’était le temps qu’ils me le demandent, je me remets à peine de ma 28e fête.

Problème avec les entrevues, c’est que je dois me questionner. Ça demande de l’introspection. Bref, c’est comme une thérapie toute seule, sans sofa, sans monsieur qui prend des notes en me jugeant du haut de sa chaise, sans facture exorbitante à la fin. Comme vous le voyez,  je n’ai pas du tout une conception clichée de la psychothérapie…

Avoir 20 ans. 25 ans. 28 ans…J’ai l’impression d’avoir eu 3-4 vies. 3-4 chums. 3-4 apparts. 3-4 changements de carrière. 3-4 retours aux études. 

3-4-3-2-3-4-3 ! ( Joke de François Pérusse, méga inside entre moi et l’album du peuple Tome 2). 

La vingtaine, c’est installer sa vie de grande personne. Trouver sa place. Trouvez sa propre vie. S’éloigner de papa-maman: en distance et en pensées. Forger ses propres opinions, ses valeurs à soi. Se faire un nid, se trouver des vrais amis: pas des amis qui sont nos amis parce qu’ils vivent sur notre rue ou parce qu’ils partagent nos passions ridicules comme collectionner les cartes Magic! Des amis qui nous ressemblent, qui nous apportent, avec qui on a le goût de partager les moments les plus heureux de notre vie.

Ce qui me déçoit de la vingtaine, c’est la course à la performance, la course à se “caser”, à trouver son domaine, sa maison, son conjoint et tout ça, le plus vite possible. Par besoin de se sécuriser. Sécuriser sa famillle. Être accepté socialement. Suivre la cadence des amis. Être cool, même. Et tout ça avec les idéaux qu’on a accumulé dans notre tête d’enfant, d’ado. ” Je veux ci, je voudrais ça, un chum comme-ci, un appart comme ça….”…” Et quand j’aurai tout ça, je serai heureuse.”

Le plus difficile dans la vingtaine, c’est lorsque tu te crées un idéal dans ta tête, des objectifs précis,que tu les atteinds rapidement et qu’au bout du compte, tu n’es pas heureux. Ni satisfait.

C’est à ce moment là que tout devient critique et que tu te retrouves à la croisée des chemins. Endurer son ” bonheur illusoire” en espérant qu’il va finir par nous combler comme on se l’était imaginé, ou bien recommencer à zéro et trouver ce qui nous rends VRAIMENT heureux, au-delà des attentes de nos parents, de notre entourage, de la société. 

Ça fait mal parce qu’on a l’impression de s’être tromper sur nous-mêmes. Qu’on s’est berné soi-même. Et lorsqu’on a tout pour être heureux et qu’on est loin de l’être, on se sent perdu. Sans repères. C’est ne pas savoir ce qui nous rends malheureux. Faut donc apprendre à se connaître enfin et…

tout balancer. Tout foutre en l’air. Exploser et se rebatîr sur nos fondations, et cette fois, en pensant à comment on la veut vraiment, notre ” maison”. C’est difficile, admettre qu’on s’est trompé, et ça demande du courage, prendre le temps de se connaître et savoir ce qu’on veut. Parce que pour ça, faut accepter les échecs et vivre des tonnes d’essais-erreurs. Mais mon Dieu que ça vaut la peine.

Si je pouvais remonter dans le temps, j’irais dire un gros merci à la Kim de 22 ans, qui a tout recommencé…

Fille derrière l’écran.

Fille derrière le bar n’est plus derrière le bar depuis 1 an déjà. Le pourquoi du changement de nom. Réjouissez-vous, ça veut dire que je vis depuis 1 an, de mon ART!  J’ai voulu changer mon blogue de nom et d’apparence milles fois, mais…

Je vais seulement continuer celui là. Je passe de derrière le bar à derrière l’écran, car c’est là où je passe mes nuits maintenant. Ou mes journées. J’écris. 

Je ne suis plus vraiment anonyme. J’ai une photo de moi. Vous pouvez parfois m’aperçevoir dans votre écran. Que ce soit celui de l’ordinateur ou de la télé. Ouvrez les yeux, vous finirez par me voir quelque part.

Fille derrière l’écran à failli s’appeler ” Fille derrière la vie”. Parce que je suis toujours un peu à l’écart, à cheval sur la vie. Un pied dedans et un pied en dehors. Un peu marginale de nature, mais pour bien faire mon métier, je dois avoir un regard extérieur constamment. Donc ne jamais faire partie intégrante de la roue qui tourne. Pour mieux comprendre comment on la fait tourner, celle-là. 

J’ai aussi failli l’appeler ” Fille derrière le clown”. C’est mon espace à moi, où je me permets d’être parfois drôle, et parfois non. La vie n’est pas toujours drôle. Des fois j’ai besoin de m’exprimer avec colère. Pour ensuite canaliser mes émotions, redescendre calmement de la pôle à rideaux, et bien sûr, aller pondre des blagues sur les sujets qui me touche. Mais au moins, j’aurai cet espace pour me libérer. 

MAIS ATTENTION. Je ne voudrais pas que ça devienne un blogue sur mon parcours d’humoriste. ( TADAM! Oui, c’est ça que je fais). Un métier, ça se vit et ça se réalise par la concrétisation de projets, loin de moi l’idée de faire la narration des états d’âme de ” Madame l’humoriste” qui sort d’un show difficile ou qui vit des creux de carrière! CE NE SERAIT PAS INTÉRESSANT, croyez-moi. Voulez-vous vraiment savoir que je pleure des fois parce qu’il y a des imbéciles qui m’envoient des messages de ” une fille, c’est jamais drôle? ” NON. Ce n’est pas intéressant. 

Alors voilà. Ben c’est ça. Vous pouvez retourner sur facebook, je suis sûre que vous avez des tonnes de demandes d’amis à gérer et des commentaires à aller faire sur des statuts coquins. 

On se revoit bientôt, promis.

Un post de Tchendoh

Euh…ça me rejoint. Seule raison de poster.

Fille.

Fille, encore fille, jamais femme.

Critiquée, parce que je suis. Critiquée pour exister.

Critiquée pour oser avoir parlé, même de rien. 

Fille, fille, encore fille, jamais femme. 

Encore besoin, besoin de tout, besoin souvent, mais toujours seule.

Jamais assez, jamais en beauté, jamais assez amie, jamais assez aimée. 

Fille, fille, encore fille jamais femme. 

Humiliée de parfois tendre la main, encore et toujours, cercle vicieux qui revient, même quand on le croyait loin.

Seule, seule, encore seule

Seule le jour, seule la nuit, même solitude, qui empire plus les heures avances.

Confrontée à ce qu’on est, ce qu’on projette, ce qu’on révèle, ce qu’on provoque. 

Fille fille, jamais femme, toujours fille. 

De ses parents, de ses patrons, des institutions.

Toujours demandante, toujours demandée, au bon endroit, au bon moment.

Belle et bien préparée. 

Fille, fille, encore fille à quand femme? Zone grise où tout s’installe, tout s’effondre, se reconstruit, une tour croche, tenue à bout de bras. 

Fille encore triste, un peu sale, face à une vie dure, seule sans arme, rien de construit, rien de bâti, sans ailes, sans âmes, sans Dieu, ni flamme.

Seule encore, seule toujours et lasse.

Le sourire toujours présent, les rires aux éclats que l’on entend, la vie impecc qui ne laisse rien passé, rien transparaître, rien pleuré.

Fille, fille encore fille, le corps trop lourd, qui ne comprends plus pourquoi, il voulait tant se battre. 

Femme peut-être, qui se réveille encore pour son prochain combat. 

Ma main tendue vers toi, car aucune autre présentée. Tête basse qui ne comprend pas, comment encore, j’en suis encore là.

Fille, fille, encore fille, à cause des choix. 

Larmes, larmes, même dans l’amour, même dans la joie. Douleur persistante, même dans l’allégresse, même dans la chance, même dans l’accomplissement. Lourdeur permanente malgré les succès qui n’apaisent pas les échecs. Et le doute. Ce doute. Les “si jamais”. Si jamais je me trompe, si jamais je m’éteins.

Et si je devais échouer. Encore. Et pire…si j’en avais pas la force. Si je devais moi aussi, abandonner. 

Fille, fille, encore fille, jamais satisfaite. 

Fille, fille, toujours fille, jamais assez parfaite. 

Fille, fille, encore fille qui plaît, à trop de monde, trop souvent. 

Fille, fille, encore fille, jamais mère car encore trop besoin de la sienne. 

Fille, fille, encore fille détestée par ses semblables. 

Fille, fille, encore fille, désirée ou méprisée par des hommes, des frères, des pères. 

Fille, fille, encore fille, à quand femme?

Quoi prendre?

Client pas sûr: Hum...est-ce que je peux prendre un verre de...Drambuie?

Barmaid: Oui, mais je peux aussi te donner un quekchose qui goûte bon.

Client: C'est pas bon du Drambuie?

Barmaid: Pas vraiment non, pis on a jamais touché à la bouteille depuis l'ouverture du bar, tu vois le genre?

Client: Okk....( en zieutant les bouteilles...) je vais prendre....un...Ricard ?!

Barmaid: Ben voyons, un RICARD !!!

Client: Je sors pas souvent.

Barmaid: Je vois ça!

Client: Je sais pas quoi prendre! Je veux quelquechose de fort pis j'aime pas la bière!

Barmaid: T'es pas obligé de prendre un digestif ou un apéritif de mononcle non plus! On est pas dans un party de noël des années 70! Sinon, je t'aurais déjà donné une crème de menthe!

Client : ...

Barmaid: Tiens...un Grand Marnier. Ça soûle autant que du cognac, ça ressemble à du cognac, tu vas avoir l'air d'un gars cool qui boit du cognac, mais...ça goûte les oranges.

Client soulagé: AH! Merci ! Ça coûte tu plus que 5$ ?

Barmaid: ...je pense que t'es vraiment pas à la bonne place.